Ma cantate à Barbara

19/10/2018

Avant d'aller assister à ce concert, j'avoue que je ne connaissais pas grand chose à Barbara en dehors des classiques, l'aigle noir et ma plus belle histoire d'amour. C'est donc les yeux remplis de curiosité que je me rends à la première de Ma cantate à Barbara au théâtre des variétés.

Après avoir monté le bel escalier de velours rouge, je m'installe dans une très jolie salle intimiste sous les combles du théâtre des variétés. Sur scène, côté jardin un piano, côté cour, un guéridon orné de quelques petits accessoires. Juste à côté un long manteau noir pend au bout d'un cintre, emblème fantomatique de l'âme de Barbara et qui nous accompagnera de sa présence tout au long du concert.

La salle est pleine. Les lumières s'éteignent. Le public, qui se surprendra parfois à susurrer certains refrains, retient son souffle. Anne Peko rentre sur scène, de rouge vêtue pour interpréter son premier titre "Sans bagage". Petit détail subtil pour illustrer cette chanson, Anne ne porte pas de chaussures. Deux musiciens, un pianiste et un violoniste (in black with a touch of red) accompagnent l'artiste dans son récital. De temps à autre le violon fait place à une mandoline qui nous invite au voyage en donnant aux chansons un petit goût d'Italie (imaginez mon bonheur... Maria-Nella, ça ne fait pas trop Slave). 

Ma cantate à Barbara n'est pas qu'un qu'un simple concert mais un vrai spectacle. En effet, l'apparition d'accessoires, la mise en scène, parfois les petits échanges ne serait-ce qu'un regard entre le public et les artistes transporte l'auditoire dans un monde de poésie. Et ce trio va nous enchanter pendant un peu plus d'une heure en nous interprétant une partie du répertoire de la grande poétesse. Grande poétesse qui n'est jamais très loin, car Anne Peko qui a volontairement fait le choix du rouge pour conserver une certaine distance avec l'artiste, se glisse de temps à autre dans de longs vêtements noirs, LA griffe de Barbara. 

Cette soirée fut très riche en découvertes. Déjà, à mon grand étonnement, j'apprends que Barbara avait également un registre un peu décalé. Le public rit de bon cœur quand Anne Peko chante "de jolies putes vraiment" après nous avoir interprété une tenancière de maison close. Et puis moi, pour qui la chanson française s'illustre plus par Gainsbourg ou Goldman, ce concert m'ouvre les portes d'un autre monde. A un moment du spectacle, je pense même que si Barbara était encore parmi nous, cette championne des textes pourrait-être aujourd'hui une Reine indétrônable du Slam. 

En résumé, tous les épris de poésie et de langue française se retrouveront à travers ce concert. Tout en conservant sa propre identité, ce spectacle rend un vibrant hommage à celle dont nous étions tous les amoureux hier soir... Car sa plus belle histoire d'amour, c'est nous...

Et maintenant, à vous de jouer!
Maria-Nella


Interprète et mise en scène : Anne PEKO

Piano (en alternance) : Pierre-Michel SIVADIER, Jérémie HENAN, Roger POULY
Violon/mandoline (en alternance) : Jean-Lou DESCAMPS, Sylvain RABOURDIN
Costumes : Julia BROCHIER
Lumières : Franck THEVENON

Théâtre des Variétés - 19 octobre 2018